Val d’Hérens, l’âme vivante du Valais
«Bienvenue chez nous!» Les habitants de ce coin de pays lové entre Dent Blanche et Cervin ont le sens de l’accueil. Ils sont aussi attachés à leurs chalets en bois, leurs vaches au caractère bien trempé et leurs coutumes toujours vivaces. Cette année, plusieurs nouveautés marquent la saison estivale.
Imaginez plus de 500 kilomètres de sentiers qui serpentent entre alpages fleuris, forêts denses et sommets imposants! Ce territoire est propice à la randonnée pédestre comme au vélo, avec notamment l’accès à la cabane des Becs de Bosson, perchée à près de 3000 mètres.
Le Tour du Val d’Hérens constitue l’une des expériences phares de la destination. Réalisable en quatre à six jours, cet itinéraire traverse les paysages les plus emblématiques de la vallée: du barrage de la Grande Dixence jusqu’au col de Riedmatten, il côtoie des villages préservés.
Les cyclistes bénéficient d’un réseau d’itinéraires VTT homologués, répartis entre Saint-Martin, Évolène, Hérémence, Vex et Mont-Noble. Ces itinéraires conviennent à tous les niveaux de pratique, des balades familiales aux parcours destinés aux sportifs les plus expérimentés. Pour accompagner cette évolution, le Val d’Hérens s’appuie sur un réseau de partenaires labellisés Bike Friendly et sur le programme Fairtrail, fondé sur le respect de l’environnement et le partage des sentiers.

HISTOIRES D’EAU
Suivre les canaux d’irrigation traditionnels –ceux qui acheminent l’eau des torrents glaciaires vers les cultures– constitue le plus rafraîchissant des antidotes aux canicules estivales. Le bisse de l’Ernaya date du XVIe siècle, tandis que celui d’Hérémence a été construit entre 1550 et 1670. Tous deux sont abandonnés, mais leurs tracés sont parfaitement entretenus. Celui d’Euseigne est toujours en activité, bien que partiellement canalisé. Pendant des siècles, ces rigoles à ciel ouvert ont été la condition sine qua non de la survie humaine en région aride.
Pour comprendre l’épopée des bisses, il faut remonter au Moyen Âge. À l’époque, les paysans n’ont ni ciment ni dynamite. Défiant les parois rocheuses verticales, ils font preuve d’une folle audace. En véritables funambules, ils se suspendent à des cordes de chanvre pour fixer au-dessus du vide leurs canaux en bois de mélèze.
L’eau étant une ressource rare, son usage était strictement codifié. Chaque bisse possédait son «consortage», une association de propriétaires qui gérait la répartition du débit selon des droits d’eau précis, mesurés en heures et en minutes.


DU DÉCLIN À LA RENAISSANCE
Au milieu du XXe siècle, l’avènement des tuyaux enterrés, des stations de pompage et l’exode rural ont bien failli sonner le glas de ce patrimoine unique. Nombre de bisses furent abandonnés ou comblés. Mais, dans les années 1980-1990, une prise de conscience populaire et touristique s’opère. Le Grand Bisse de Vex est alors entièrement restauré et remis en eau. Ses sentiers d’entretien offrent aujourd’hui un but de promenade exceptionnel, accessible aux familles.
Aujourd’hui, le réchauffement climatique et le recul des glaciers alpins redonnent aux bisses leur utilité d’origine. Les périodes de sécheresse estivale devenant plus intenses, ces canaux simples se révèlent des outils de résilience indispensables pour maintenir l’humidité des sols et alimenter les alpages.


DANS LES ENTRAILLES DU GÉANT
Autre histoire d’eau: le barrage de la Grande Dixence fait figure de star pour les passionnés d’ingénierie. Perché à 2 365 mètres, ce barrage…







