Bruxelles, une bande dessinée à ciel ouvert
Riche de son héritage historique et de ses attractions touristiques, la capitale belge cultive audace et ironie. Elle propose à ses visiteurs plusieurs fils d’Ariane thématiques : architecture, mode, culture… et ses héros de bande dessinée. Alors suivez Le Chat, Tintin et autres Lucky Luke!
Un peu à l’instar de René Magritte–pape du surréalisme belge et champion de l’incrustation d’objets usuels dans un cadre insolite–, toute la ville semble s’amuser à créer d’improbables collages. Comme New York, Berlin, Paris et tant d’autres grandes villes, la ville-siège de la Commission européenne est un puzzle de quartiers contrastés. Une rue tortueuse peut déboucher sur un grand boulevard, un morceau de rempart sur un tunnel. Une boutique de luxe jouxte un coupe-gorge, un débit de kebabs nargue une table étoilée. Les abords de la gare du Nord, les Marolles ou encore Molenbeek affichent des visages plus populaires. Ils contrastent avec le boulevard de Waterloo ou l’avenue Louise, riches en galeries d’art et en superbes bâtiments de la Belle Époque.

LA VILLE EN CASES
Curieux de tout explorer, on peut suivre le fameux parcours BD qui–depuis plus de trente ans–attire les bédéphiles du monde entier. Les jalons: un florilège de plus de 80 fresques brossées à la gloire de Tintin, Astérix et autres héros tels que Lucky Luke. Né d’une volonté politique d’embellir les murs aveugles dont on avait retiré les affiches publicitaires, ce concept a réussi, au fil du temps, à constituer une attraction touristique majeure.
À noter que la capitale belge a servi de décor à un grand nombre d’albums, tantôt de façon très explicite, tantôt plus discrètement, comme dans Le Secret de la Licorne, d’Hergé. La balade matérialise ce lien entre la ville et la BD pour emmener les curieux hors des sentiers battus. Des QR codes renseignent sur les œuvres et leurs auteurs. La plupart des façades peintes se trouvent dans le Pentagone; d’autres sont disséminées à Laeken et dans plusieurs quartiers plus au nord. D’une fresque à l’autre, on passe ainsi de la populaire rue Haute à l’incontournable Grand-Place, où tout converge. Souvent qualifiée de «plus belle place du monde», elle porte aussi la trace de Victor Hugo: une plaque signale la maison où séjourna l’auteur des Misérables, dont le rez-de-chaussée abrite aujourd’hui notamment un chocolatier.
Programmez l’exploration de cet Îlot sacré–comprenant le réseau de rues et de venelles qui le constituent–si possible en fin de journée, lorsque les essaims de touristes ont rejoint leurs cars ou investi les innombrables bars et brasseries alentour!


DES FRESQUES EN CONTEXTE
Dans le quartier des bouquinistes, une façade représente Ric Hochet. C’est l’un des tout premiers murs peints bruxellois, particulièrement réussi. Le héros des albums de Tibet s’agrippe acrobatiquement à une corniche en trompe-l’œil. Rue de l’Écuyer, c’est Gaston–l’inénarrable gaffeur de Franquin–qui s’amuse avec un yo-yo.
Ailleurs, une rupture d’alignement entre des bâtiments crée un espace astucieusement récupéré par Tintin, Haddock et Milou. Comme la plupart des fresques du parcours, celle-ci intègre des éléments du quartier. C’est un point sur lequel les autorités insistent beaucoup : les dessins ne doivent pas être de simples copier-coller de planches préexistantes, mais des créations originales.


UN PARCOURS EN MOUVEMENT
Rien n’est figé. Chaque année voit apparaître de nouveaux hommages. Le Chat de Geluck en a déjà reçu plusieurs, et Blake & Mortimer (La Marque jaune) ont trouvé un nouveau support, à deux pas de la rue Ernest Allard, qui a vu naître Edgar P. Jacobs, le créateur du célèbre duo britannique. Spectaculaire, la fresque mesure 60 m². Nos coups de cœur du moment…







