Grand entretien avec Martha Bühler, des pistes aux fourneaux
Première femme du Liechtenstein à participer aux Jeux olympiques d’hiver, Martha Bühler n’a jamais ralenti la cadence. Entre sport, gastronomie et transmission, elle incarne une vie menée à plein rythme, avec courage et gourmandise.
Née en 1951 à Triesenberg, au coeur du Liechtenstein, Martha Bühler grandit dans une famille modeste où l’effort et la nature font partie du quotidien. À seulement 17 ans, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme à représenter son pays aux Jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968, avant de briller à Sapporo en 1972.
Après sa carrière de skieuse alpine, elle reprend le petit hôtel familial et se consacre à la gastronomie, faisant des Käsknöpfle, plat emblématique du Liechtenstein, un véritable symbole de tradition et de partage.
De son enfance à ses exploits sur les pistes, puis à sa reconversion derrière les fourneaux, Martha Bühler a vécu mille vies. Déterminée, généreuse et profondément ancrée dans son terroir, elle incarne l’esprit du Liechtenstein moderne: authentique, persévérant et ouvert sur le monde.
J’ai eu le plaisir de rencontrer cette femme d’exception lors du Salon Suisse des Goûts et Terroirs, où le Liechtenstein était l’hôte d’honneur. Derrière son sourire franc et son énergie communicative se révèle une personnalité rare: passionnée, vraie et attachée à ses racines.
Vous êtes née au coeur des montagnes: quels souvenirs d’enfance gardez vous de cette vie alpine?
Je suis née dans des conditions très simples. Dans les années 1950, notre maison n’avait ni douche ni toilettes, juste une cabane au fond du jardin. Cela m’a marquée: j’ai appris à ne jamais avoir de grandes exigences et à toujours me souvenir d’où je viens.
Comment le Liechtenstein et son cadre naturel ont-ils façonné votre lien avec la nature, le sport et la cuisine?
À cette époque, il n’y avait pas de remontées mécaniques au Liechtenstein. Après l’école, nous traçions une piste derrière la maison et nous y «entraînions» jusqu’à la tombée de la nuit. Plus tard, mon père m’attachait derrière la Jeep, me tirait jusqu’au tunnel, et je redescendais seule jusqu’à Triesenberg… sur la route principale! Aujourd’hui, ce serait impensable. Le premier téléski n’est arrivé à Malbun qu’en 1964.


On raconte que vous aidiez à la ferme après l’école: en quoi cela a-t-il forgé votre caractère?
Oui, en été, je participais toujours à la fenaison. J’étais une bonne «ramasseuse de foin»! C’était, sans le savoir, mon tout premier entraînement physique.
Vous avez été la première femme à représenter le Liechtenstein aux Jeux olympiques d’hiver. Que retenez-vous de cette expérience?
J’avais seulement 17 ans et je ne réalisais pas vraiment ce que cela représentait.










