Club Prosper Montagné, entre radis en folie, terroir et gastronomie fribourgeoise
Avec sa devise «on ne fait du bon qu’avec du très bon», le Club Prosper Montagné défend également le terroir. C’est pour cette raison que l’Ambassade fribourgeoise s’est rendue en visite dans le Seeland, véritable jardin potager de la Suisse, plus particulièrement dans l’entreprise «Swissradies», dirigée avec beaucoup de dynamisme et d’enthousiasme par Frédéric Bart. Comme son nom l’indique, l’entreprise produit tout au long de l’année, pour l’essentiel des radis (avec en plus, mais en quantités moindres des oignons nouveaux, du céleri, des poireaux et de la mâche).
C’est donc à Ried bei Kerzers, dans le district fribourgeois du Lac, que les gastronomes fribourgeois se sont donné rendez-vous pour visiter cette entreprise d’une trentaine de collaborateurs. Sous la houlette passionnée de Frédéric Bart, maître des lieux, ils ont pu découvrir la culture des radis en serre, à perte de vue, sur 4,8 ha. Ces radis sont produits toute l’année, avec des temps de maturation évidemment différents (3 semaines en été, jusqu’à 90 jours en hiver). L’entreprise s’engage clairement pour l’environnement–les nombreux certificats détenus en font foi. L’entreprise est quasi autonome en énergie: propres sources d’eau, nombreux panneaux solaires et l’électricité provient de l’hydroélectricité.

Elle n’utilise que des engrais organiques. L’eau est distribuée automatiquement au compte-gouttes, en tenant compte de la température extérieure, de l’ennuagement, du moment dans la journée, du niveau de croissance du radis. Évidemment, l’informatique joue un très grand rôle, tant pour l’arrosage, que pour la prise en compte des facteurs précités. Un véritable art pour un arrosage dosé, il en va de même pour les engrais. Des machines spécifiques sont nécessaires, tant pour les plantations que pour la récolte, qui est entièrement automatisée. Les radis sont extraits soit par une machine qui opère en gros, soit par une machine qui extrait les radis, les compte et les réunit en bouquets attachés.
Cette visite a permis aux participants de se rendre compte de visu ce qu’il faut de technicité, de connaissances, d’engagement et d’enthousiasme pour arriver à mettre sur nos tables des produits suisses de qualité et respectueux de l’environnement.
Après cette visite passionnante, les convives se sont déplacés à Sugiez dans le Vully fribourgeois pour se restaurer au Romantik Hôtel de L’Ours, où ils ont été reçus par Dominique Egli et par le chef Grégoire Santchi. Avant de s’attaquer au repas concocté par Grégoire Santschi, ils ont profité de leur passage pour formellement introniser ce dernier.



UN CHEF AUX MULTIPLES PARCOURS
Grégoire Santschi a fait ses premières armes d’apprenti chez les Frères Vallotton au Gourmet, à Martigny. Il exerce ensuite son art dans plusieurs restaurants gastronomiques, dont Le Pérolles chez Pierrot Ayer. Il se tourne ensuite vers la gestion et la logistique. Après une dizaine d’années dans le milieu militaire, qui passe aussi par l’étranger, il reprend la direction d’une entreprise de restauration collective et de traiteur. Et c’est en 2024 qu’il rejoint Dominique Egli à l’Ours de Sugiez. Amateur du terroir et de la proximité, il avoue un faible pour un poisson avec un blanc vulliéran, une pièce de boeuf avec un Pinot noir du Vully, ou encore un chocolat noir avec un vin doux d’un producteur du Vully. D’une façon générale, il prône un bon plat mijoté, bien cuisiné et travaillé comme il se doit. Pour lui, rien ne vaut les classiques bien faits.
La carte des vins de l’Ours vaut le détour, elle qui offre un vaste choix de vins du Vully, pratiquement tous les producteurs y étant présents, avec la plupart de leurs produits. Et lorsque l’on se rappelle la qualité des nectars de ce petit vignoble qui ne connaît pas la crise, il faut bien admettre que cette carte est tout simplement remarquable.
AUTHENTICITÉ ET CRÉATIVITÉ AU MENU
Après l’intronisation du chef Grégoire Santschi, les participants ont pu savourer le repas élaboré par ce dernier.
Le repas a commencé avec un amuse-bouche original, mais délicieux: gaufre à la crevette.
En entrée, un ajo blanc–soupe froide, typique de l’Andalousie et de l’Estrémadure – accompagnait un silure fumé du lac de Neuchâtel, poisson méconnu en gastronomie, mais qui commence à se faire sa place. Accompagné de croûtons de Cuchaule fribourgeoise AOP, c’était un parfait délice. Cette entrée était suivie de gnocchis maison et chanterelles de nos bois.
Le plat principal faisait la part belle au veau présenté de deux façons. Enfin, en dessert, des pruneaux étaient accompagnés de bricelets fribourgeois et de crème double. Un avant-gout de la Bénichon!
Le repas était accompagné de vins de la région: Freiburger et Divico.
Une journée donc faite de découvertes tant dans la culture des radis que dans un menu très original qui a satisfait les gastronomes les plus exigeants.
AU MENU:


Silure fumé du lac de Neuchâtel, croûtons de cuchaule AOP

Sérac de montagne,
jus de champignons

Cassis, Pois chiches vaudois

Crème double
LES VINS
Blanc: Freiburger, Château de Praz, Marylène et Louis Bovard-Chervet, Praz
Rouge: Divico, Cave du Vieux Praz, Christophe Dupasquier, Praz
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