Dans le big bazar londonien
Mégapole multiculturelle, ville-monde grouillante, éclatée, vibrante, à la fois traditionnelle et futuriste, la capitale britannique ne cesse de fasciner. Son extraordinaire diversité permet des approches thématiques, souvent en marge des attractions consacrées.
INSOLITES BALADES LONDONIENNES
1. EN FAMILLE
«Avant la rentrée scolaire, nos ados de 12 et 14 ans rêvaient d’un long week-end dans une grande capitale. Londres a eu la faveur d’un tirage au sort où figuraient aussi Paris et Berlin», racontent les Miéville, une famille valaisanne rencontrée au terme de leur escapade, à l’Aéroport de London City.
Pour rejoindre le Royaume-Uni, respectueux de l’empreinte carbone, les Miéville ont d’abord songé au train. Découragés par le prix et la longueur du trajet (environ 8 heures au départ de Monthey), ils ont finalement opté pour l’avion.
Pour l’hébergement, leur choix s’est porté sur la location d’une maison mitoyenne typique. Pas plus chère que l’hôtel, cette formule s’est avérée conviviale, offrant une véritable expérience british dans un décorum simple et cosy. «Avec ses quatre chambres à coucher et une cuisine bien équipée, nous étions à l’aise», se félicitent nos compatriotes.

REPÈRES
Il fallait d’abord prendre ses marques. Rien de tel qu’un mirador pour saisir la topographie de la mégapole. Moyennant réservation en ligne, le Sky Garden offre un accès gratuit à son vaste jardin suspendu au 35e étage d’un gratte-ciel dominant la City. Vue imprenable sur le pont de Londres et la cathédrale Saint-Paul.
«J’ai préféré le London Eye, la grande roue en face de Big Ben et du Parlement. C’était cool!», s’enthousiasme l’aîné des enfants, qui a aussi adoré la visite du Sea Life Aquarium attenant. «Surtout pour les requins, les piranhas et les étoiles de mer qu’on a le droit de caresser».
Les musées semblent avoir fait l’unanimité, et pas seulement par leur gratuité. L’incontournable British Museum ajoutait à ses inestimables collections une exposition temporaire sur les mangas japonais. À l’Imperial War Museum, la fascination est venue des engins militaires; l’émotion, d’une section dédiée à l’holocauste. «Un bon exercice de mémoire», relève la mère de famille. Le musée des sciences a convaincu par l’accent mis sur les expériences interactives.

MAGIE
Autre bon plan: pousser jusqu’à Leavesden, dans la proche banlieue. C’est là que les Studios Warner ont investi d’anciens hangars d’aéronautique pour y célébrer Harry Potter. Ce qui reste des tournages-fabuleux décors, costumes, accessoires-est exposé au public friand de making of.
Au-delà des masques grimaçants, des chimères et dragons, l’attraction révèle la maîtrise des différents métiers du cinéma: costumiers, architectes, plâtriers, plasticiens dont le savoir-faire témoigne ici d’une expertise aussi ensorcelée que la saga de J.K. Rowling, jusqu’à la maquette géante du château, clou de la visite. «On avait l’impression d’être des élèves à Poudlard. On est entré dans le bureau du directeur Dumbledore et dans la chambre-dortoir. On a aussi découvert les costumes et les perruques des acteurs, sans oublier la forêt interdite avec des araignées mécaniques qui bougent».
Au final, les Miéville retiendront aussi ces mille et une surprises qui ont conféré à leur escapade londonienne un parfum d’exotisme: le quartier chinois, la saveur des fish & chips de chez Poppie’s, une chaîne de restaurants populaires.
La famille s’est étonnée de l’efficacité des transports publics, de la civilité des usagers du métro et de la disponibilité de son personnel pour orienter les touristes égarés. «On a photographié des artistes de rue géniaux», ajoutent les ados qui ne rechigneraient pas à revenir sous ces latitudes dans quelques années pour parfaire leur anglais.
2. FRISSONS LE LONG DE LA TAMISE

Si Londres continue de caracoler en tête des destinations les plus prisées des Romands, ce n’est pas uniquement pour la permanence de son feuilleton monarchique, ses trésors culturels ou le nombre record de liaisons aériennes qui la relient quotidiennement à Genève. Elle doit aussi ce succès à la télévision, à la littérature et aux péripéties qui ont marqué son histoire.
Au nombre de celles-là figure Jack l’Éventreur. Ce tueur en série continue d’émoustiller les assoiffés d’hémoglobine, à l’instar des chroniqueurs et romanciers, fascinés par la noirceur d’une intrigue désormais fixée dans la mémoire collective.
Dès lors, pourquoi ne pas explorer le quartier de Whitechapel et son passé mouvementé? À cette époque (1888), le commerce du sexe avait souvent lieu sur la voie publique-alors obscure-dans des impasses, des ruelles étroites ou des passages privés. Le sadique pouvait profiter d’un territoire propice à éviscérer ses proies sans se faire remarquer.
Chaque soir, Gladys emmène son groupe de curieux à travers ce qui reste des coupe-gorges de l’Est londonien, progressivement sacrifiés sur l’autel de la modernité. Quelques lopins ont encore échappé aux assauts des pelleteuses; assez pour retracer-de porches en réverbères-l’itinéraire de celui qui fut la bête noire de Scotland Yard.


UNE AMBIANCE À LA DICKENS
Les fouineurs qui s’offrent aujourd’hui une balade du côté des docks croisent au passage les ombres furtives des sans-abri contemporains. «Pour moi, c’est l’occasion d’évoquer les hordes de ventres creux qui encombraient le pavé de la fin du XIXe siècle, dans la puanteur des égouts à ciel ouvert, les invasions de rats et la syphilis galopante», explique la guide en exhibant quelques photos évocatrices. Sur certaines, on distingue la dépouille mutilée des malheureuses cibles du tueur en série. L’Histoire pourrait-elle se répéter, et la misère libérer de nouveaux démons? Il faut se méfier des fantômes, semble suggérer un autre groupe de noctambules en quête de demeures prétendument hantées.
On l’a compris: Londres ne manque pas d’arguments pour capter les amateurs de faits divers glauques ou énigmatiques… un filon exploité parfois jusqu’aux limites du bon goût ou de la simple décence. Allez-vous vraiment débourser plus de 20 livres pour franchir les grilles du London Dungeon, une attraction qui est à la l’histoire de la torture et des sévices ce que les parcs Disney sont aux contes de fées?

3. SUR LES TRACES DE SHERLOCK HOLMES
Suspense, nostalgie et pacotilles… le détective a laissé son empreinte à travers toute la ville. Se lancer à sa poursuite impose de partir de son…








