Grandson et Morat, 550 ans après les batailles
Deux batailles fondatrices, deux cités lacustres, une mémoire qui continue de résonner. Cinq siècles et demi après les affrontements de 1476, Grandson et Morat ravivent un héritage majeur de l’histoire suisse. Entre patrimoine, expositions et lieux habités par la mémoire, cette double célébration éclaire d’un jour nouveau un passé dont la force résonne encore aujourd’hui.
En 2026, Grandson et Morat commémorent ensemble le 550e anniversaire de deux batailles majeures des guerres de Bourgogne. Deux épisodes militaires, certes, mais surtout deux moments charnières dans la construction de l’imaginaire helvétique. Sur les rives du lac de Neuchâtel, ces cités historiques rappellent combien certains événements dépassent leur époque pour devenir des repères durables, presque des points d’ancrage dans la mémoire collective.
Car ici, l’histoire ne se résume pas à une succession de dates. Elle s’incarne dans des paysages, dans des murailles, dans des châteaux, dans la puissance intacte de lieux qui ont traversé les siècles. À Grandson comme à Morat, le passé se lit encore dans la pierre, dans le relief, dans la position stratégique des sites. Et c’est précisément ce dialogue entre patrimoine, récit national et expérience contemporaine que les commémorations de 2026 mettent en lumière. Entre mars et octobre, les deux villes s’unissent autour d’une quarantaine de projets mêlant histoire, culture, médiation et découverte.

GRANDSON, LE CHOC DÉCISIF
Lorsque Charles le Téméraire lance son offensive en terres suisses au début de l’année 1476, il entend asseoir plus fermement son pouvoir et ouvrir une voie vers Berne. Grandson se retrouve alors dans la trajectoire de cette ambition. Le château, imposant et solidement établi sur les rives du lac, occupe une position stratégique de premier ordre. Le duc de Bourgogne croit pouvoir s’imposer rapidement. Il ne mesure pas encore la capacité de réaction des Confédérés.

Le 2 mars 1476, l’affrontement a lieu dans la région de Concise et de Grandson. L’armée bourguignonne, pourtant redoutée en Europe, est surprise et vaincue. La retraite se transforme en déroute, laissant derrière elle un butin considérable qui marquera les esprits bien au-delà du champ de bataille. Cette victoire n’est pas seulement militaire. Elle modifie la perception des Confédérés dans l’Europe du XVe siècle. Face à l’une des puissances les plus prestigieuses de son temps, l’ancienne Confédération prouve qu’elle peut résister, frapper vite et faire vaciller un adversaire que l’on croyait supérieur.

Le souvenir de Grandson s’est aussi fixé dans les objets. Tentes, armes, pièces précieuses, textiles, orfèvrerie: le trésor abandonné par les Bourguignons a nourri un véritable imaginaire historique. Bien plus qu’un butin, il devient un symbole, celui d’un basculement. À travers lui se lit encore aujourd’hui l’ampleur du choc provoqué par cette défaite bourguignonne.

MORAT, LA CONFIRMATION ÉCLATANTE
Charles le Téméraire ne s’avoue pourtant pas vaincu. Quelques mois plus tard, …








