Sud-Tyrol, terres de contrastes et grands paysages
Mariage de charme méridional et de rigueur germanique, le nord de l’Italie offre une alternative réjouissante au tourisme de masse. Une escapade idéale pour anticiper le printemps.
Le Sud-Tyrol est un bouillon de culture où se mélangent –en bonne harmonie– les saveurs italiennes, allemandes et même ladines (une minorité linguistique). Cet assemblage crée une ambiance unique: l’efficacité et le sens de l’ordre germaniques, associés à la douceur de vivre et à l’élégance italienne. Le retour des beaux jours sied à la partie la plus septentrionale d’Italie, dans la région bilingue du Trentin-Haut-Adige.
La contrée –dont une bonne partie des Alpes (les Dolomites) est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO– se plaît à jouer avec les contrastes: pics acérés et douces prairies, lacs cristallins et vignobles compacts, patrimoine historique et design hypercontemporain.
L’Histoire nous apprend que ce territoire fut rattaché à l’Italie en 1919. Après la Seconde Guerre mondiale, les Alliés imposèrent un traité de protection de la minorité germanophone, avec une forte autonomie pour la province autonome de Bolzano (Sud-Tyrol) et celle du Trentin. Ce statut en fait aujourd’hui la région la plus riche d’Italie, une prospérité qui n’empêche pas certaines aspirations indépendantistes visant à créer un «État libre du Tyrol du Sud» ou un rattachement à l’Autriche.

ANNÉES FOLLES
Au tournant du XXe siècle, toute l’aristocratie européenne se baladait d’hôtel en hôtel, avec ses points de rencontre saisonniers. Comme la Côte d’Azur, la circonscription de l’actuel Haut-Adige voit s’oxygéner la Cour austro-hongroise dans de somptueux palaces aujourd’hui parfois à l’abandon ou reconvertis en appartements de vacances, comme au col de Mendel.
Dans l’effervescence du tourisme naissant, un certain Josef Staffler –hôtelier à Bolzano– imagine la construction d’un moyen de transport capable de hisser sa clientèle jusque sur les hauteurs du Colle. À son initiative, on inaugure en 1908 l’un des premiers téléphériques pour passagers au monde. L’engin les conduit en 15 minutes jusqu’à 1’250 mètres d’altitude. L’attraction fait alors sensation.
VAGABONDAGES
Le printemps incite le visiteur à tirer le meilleur des innombrables circuits pédestres et pistes cyclables, formant une véritable toile d’araignée adossée à l’impressionnant réseau des transports publics disponible aux confins de la Suisse et de l’Autriche. Dès lors qu’une même carte forfaitaire prolonge l’offre des CFF en donnant accès aux innombrables trains régionaux, bus, funiculaires et autres télécabines de la région, pourquoi s’encombrer d’un véhicule privé? Fixer son itinéraire en fonction de la météo et des envies du moment devient un jeu d’enfant.
Le programme pourra inclure les spectaculaires Dolomites et le parc national du Stelvio; par temps de pluie, les bienfaisantes eaux thermales de Merano ou quelque musée digne d’intérêt, comme celui de Bolzano, célèbre pour sa momie Ötzi vieille de plus de 5000 ans.
Les visiteurs s’émerveilleront devant les vastes zones de vergers où le Sud-Tyrol récolte plus d’un million de tonnes de pommes par an (environ 50% de la production italienne). Les chasseurs d’images pointeront leurs objectifs sur quelques-uns des plus beaux villages d’Italie avec leurs abbayes, châteaux, chalets aux toits pentus, chapelles aux clochers à bulbe et paysages façonnés par l’histoire alpine.


TENDANCES BIO
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