Les Açores: perles volcaniques de l’Atlantique
Amoureux de nature, de contemplation et de temps suspendu, ce voyage aux confins de l’Europe est fait pour vous. Cet archipel volcanique de neuf îles fascine par la diversité de ses paysages: lacs nichés au fond de cratères, végétation luxuriante, sources thermales naturelles et églises sculptées dans le basalte. L’île verte de São Miguel offre un remarquable condensé de cet éden exotique, à la fois familier et profondément dépaysant.
À près de 1400km au large de Lisbonne, les Açores marquent la frontière occidentale de l’Europe. Ce territoire portugais cultive une identité façonnée par l’isolement et la puissance des éléments. Lorsque les navigateurs abordent ces îles volcaniques à partir de 1427, ils pensent y apercevoir des açores (les «autours des palombes» en français), rapaces qui donneront leur nom à l’archipel. En réalité, il s’agissait probablement de milans noirs. Depuis l’arrivée des premiers colons au XVe siècle, les Açores ont développé une culture singulière, enracinée dans les traditions. Ici, la vie s’écoule au rythme des festas, ces célébrations où se perpétuent les coutumes locales.
Surnommées le «Hawaï de l’Atlantique», les îles bénéficient d’un climat doux et tempéré tout au long de l’année, sous l’influence du Gulf Stream. Ici, peu de mondanités ou de tourisme ostentatoire, l’art de vivre séduit par son authenticité. La période la plus favorable pour s’y rendre s’étend de juin à septembre. Toutefois, pour éviter l’afflux constant de visiteurs, la basse saison demeure idéale pour profiter pleinement de la quiétude des lieux.
Préservées du tumulte du monde et réparties en trois groupes –oriental, central et occidental– ces îles à la beauté brute révèlent une personnalité qui leur est propre. Outre ses plantations de thé et d’ananas, São Miguel, la principale, dévoile un riche patrimoine architectural et des lacs blottis dans des cratères. Plus au sud, Santa Maria s’illustre par la présence de fossiles marins, Terceira par ses grottes volcaniques, tandis que Graciosa se distingue par ses cônes caractéristiques. São Jorge déploie ses fameuses fajãs, plaines côtières au pied de falaises abruptes. Sur Pico s’élève la plus haute montagne du Portugal (2351m), alors que Faial est marquée par un paysage lunaire autour du volcan de Capelinhos. Tout à l’ouest, Flores impressionne par ses cascades abondantes, alors que Corvo abrite le vaste cratère du Caldeirão do Corvo.
Situées à la rencontre de trois plaques tectoniques –nord-américaine, eurasienne et africaine–, la plupart des îles ont émergé il y a environ huit millions d’années, sous l’effet d’une intense activité sous-marine. Aujourd’hui encore, cette énergie reste palpable: si certains volcans sommeillent, d’autres demeurent actifs, rappelant qu’ici, la terre est en perpétuel mouvement. Les stratovolcans, comme ceux de Sete Cidades, de Fogo ou encore de Pico, dessinent des silhouettes coniques formées par l’accumulation de coulées de lave successives. Sur l’île principale de São Miguel, cette richesse volcanique se devine à chaque virage. Pour explorer l’île en toute sérénité, il est conseillé de prévoir deux points de chute. L’un à l’ouest, autour de Ponta Delgada, et l’autre à l’est, du côté de Ribeira Quente ou de Furnas.

PONTA DELGADA, DU BASALTE AU BAROQUE
Élue capitale portugaise de la culture en 2026, la coquette Ponta Delgada captive par son charme architectural et son atmosphère vibrante. Au coeur du centre historique se dressent les emblématiques Portas da Cidade, trois arches du XVIIIe siècle ornées des armoiries royales, qui marquent symboliquement l’entrée de la ville. Pavés noirs et blancs, monuments gothiques, manuélins ou baroques, placettes ombragées et jardins botaniques composent un décor élégant et plein de caractère. À la nuit tombée, la ville s’anime et, comme à Lisbonne, la frénésie nocturne se prolonge volontiers dans la rue.

São Sebastião, joyau de style manuélin.
L’Igreja do Colégio dos Jesuitas, qui expose une partie des collections du Museu Carlos Machado (installé dans un ancien couvent), mérite une visite tant pour sa façade richement sculptée que pour son intérieur, dominé par un somptueux autel en bois, témoin du raffinement de l’art sacré açorien. Les carreaux de faïence bleu et blanc du XVIIIe siècle subliment cet ensemble unique. Sur la petite place arborée voisine, une pause gourmande invite à savourer un verre de jus d’ananas, fruit emblématique de l’île, cultivé sous serre.
Au détour des ruelles, les fresques murales parfois patinées par le temps rappellent l’empreinte omniprésente de l’océan et de la vie marine dans l’identité locale. Véritable galerie à ciel ouvert, la ville s’éveille lors du festival Walk & Talk. Le centre historique comme le port se transforment alors en parcours artistique, où façades et bancs peints deviennent supports de création. Entre patrimoine baroque, art urbain et douceur insulaire, Ponta Delgada révèle une personnalité à la fois traditionnelle et contemporaine.
En front de mer, l’imposant Fort São Brás, érigé au XVIe siècle, rappelle le rôle stratégique et protecteur de la capitale. La découverte se prolonge par la gastronomie micaelense, riche en produits du terroir et de la mer. À seulement 15 minutes en bus de Ponta Delgada, Praia do Milícias constitue une escapade idéale pour s’évader de l’animation de la ville. Située à environ 5km, cette grande plage de sable noir est appréciée des surfeurs et des promeneurs.


da Vista do Rei sur les lacs de Sete Ciudades.
SETE CIDADES ET SES LACS LÉGENDAIRES
Des allées d’hortensias, du rose au mauve, jalonnent la route vers Sete Cidades, offrant une haie d’honneur aux visiteurs. Originaire d’Asie, cette plante s’épanouit sur l’île depuis le XIXe siècle et atteint une taille colossale grâce au climat tempéré et humide. Avant de s’y rendre, mieux vaut s’assurer que…








